Sarkozy, du candidat révolutionnaire de 2007 au président réactionnaire de 2012

Il avait certes laissé sous-entendre à quelques reprises au cours de son mandat qu’il hésitait à se représenter en invoquant la lourdeur de la tâche, comme pour mieux valoriser ses efforts, pourtant restés cruellement inefficaces sur de trop nombreux sujets. Toutefois, à droite comme à gauche, personne n’a sérieusement douté de la volonté de Nicolas Sarkozy d’être de nouveau candidat. Tant mieux, car nous aurions été déçus de le voir se dérober au verdict revanchard des urnes républicaines.

C’est donc ce soir, 15 février 2012, un peu plus tôt qu’initialement prévu, que Nicolas Sarkozy a choisi de lancer son feu d’artifice médiatique. Il reprendra sa stratégie de toujours : le mouvement permanent pour éviter au citoyen-spectateur de pousser son analyse critique au-delà de l’écran de fumée propulsé par une communication effrénée. Il connaîtra probablement un certain succès en la matière, voire éclipser très rapidement Marine Le Pen et François Bayrou pour concentrer la machine de guerre UMP contre François Hollande.

En réalité, personne n’aura été dupe : Nicolas Sarkozy est candidat depuis plusieurs mois, au point que l’utilisation des deniers des contribuables pour organiser ses coûteux déplacements de propagande néo-soviétique pose de réelles questions d’équité financière entre candidats et d’usage de l’argent public à des fins partisanes. Chaque déplacement présidentiel en province représente un coût moyen de 450 000 euros, qui servent à recréer une France fictive, entièrement composée de policiers et de militants UMP. C’est un peu cher pour un Etat dont les finances publiques sont aussi dégradées que les nôtres, non ?

Il reste deux mois décisifs avant le scrutin. Le président sortant va désormais user de ses moyens et de ses talents de candidat en campagne et l’écart entre Hollande et lui devrait se resserrer naturellement, malgré l’impopularité record qui le handicape sur la ligne de départ. Une seule certitude, 2012 ne sera pas 2007. Il y a cinq ans, l’omniprésent candidat Sarkozy avait pour lui le souffle réformateur de l’adaptation du modèle français aux lois de la mondialisation, le dynamisme de la rupture. Au terme d’un mandat marqué par le choix étrange de défaire tout ce qu’il avait entrepris, le président Sarkozy affiche un conservatisme de fracture

Puisque présenter de nouveaux projets le condamnerait à dresser le bilan de ses promesses non tenues, Nicolas Sarkozy tente de déplacer la campagne sur les principes, sur ce qu’il a appelé ses « valeurs pour la France » dans Le Figaro Magazine du 12 février dernier. L’interview donne le ton de ce que sera sa campagne pour la France forte, bien loin du slogan rassembleur Ensemble tout devient possible. Stigmatisation des chômeurs, rejet du mariage gay qui participerait à une perte de repère dans la société, peur du vote des étrangers aux élections locales… On est bien loin du père d’une famille recomposée, immigré de deuxième génération, qui voulait dépoussiérer les symboles de la vieille France endormie par les années Chirac. Rappelons-nous de Carla Bruni-Sarkozy qui déclarait en 2008 que son mari n’était pas conservateur ! 

Je suis surpris qu’il axe sa campagne sur des positions aussi ouvertement réactionnaires. Il convaincra peut-être quelques électeurs sensibles aux idées de la droite traditionaliste et du Front national, mais il ne sera pas majoritaire le 6 mai en continuant à opposer les Français entre eux. Nicolas Sarkozy n’échappera pas à son bilan

Nicolas Sarkozy n'ose même plus regarder les Français droit dans les yeux !

valentinSarkozy, du candidat révolutionnaire de 2007 au président réactionnaire de 2012

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