De Villepin héros de bande dessinée fera-t-il un bon candidat ?

Le 11 décembre, Dominique de Villepin a surpris tout le monde en déclarant sa candidature à l’élection présidentielle lors du journal télévisé de Claire Chazal, alors que tous les commentateurs avaient annoncé son retrait au profit de Nicolas Sarkozy. S’il y a bien une qualité qu’il faille reconnaître à Villepin, c’est sa fougue !

C’est cette fougue que l’on retrouve justement dans les deux tomes de la BD politique Quai d’Orsay, signée Blain et Lanzac, lui-même ancien collaborateur ministériel écrivant sous pseudonyme. Leurs bulles haletantes nous permette de suivre le quotidien accéléré d’Arthur Vlaminck, un jeune conseiller engagé pour rédiger les discours du ministre des Affaires étrangères Alexandre Taillard de Vorms. Sous les traits de ce ministre élancé aux épaules de rapace et au nez proéminent qui jongle avec les concepts, il faut reconnaître Dominique de Villepin, à son heure de gloire en 2003. 

Les crises sur les cinq continents étaient au menu du premier tome sorti en 2010. Un an plus tard, le second volet s’attarde sur le Lousdem, une dictature du Moyen-Orient qui possèderait des armes nucléaires. Les Etats-Unis négocient avec le Conseil de sécurité de l’ONU une invasion militaire, et s’opposent à Taillard de Vorms, qui s’érige en dernier rempart contre l’impérialisme des faucons de « W » Bush.

Pourtant, ce ne sont pas seulement les grands enjeux qui passionnent le lecteur de Quai d’Orsay. La qualité de la bande dessinée provient du récit des urgences, hypocrisies et trahisons qui jalonnent le travail quotidien d’un cabinet ministériel. On souffre avec Arthur Vlaminck lorsque le ministre imprévisible s’emporte et lui demande de réécrire intégralement un discours. 

Quai d’Orsay brille aussi par son rythme et sa force d’évocation visuelle et littéraire qui nous donnent l’impression de voir et d’entendre Villepin s’animer dans son immense bureau et à la tribune des Nations unies. Bref, on est subjugué par tant de fougue ! La fougue fait de Villepin un flamboyant personnage de BD, mais suffit-elle à en faire un bon candidat ?

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