22
avr 12

Ce soir, on ne se réjouira pas…

Ce soir, on pourrait se réjouir…
– d’un taux de participation supérieur aux attentes (80%),
– de l’aspiration au changement incarné par François Hollande, idéalement placé pour rassembler tous ceux qui attendent l’alternance le 6 mai (28,5%),
– du désaveu du bilan de Nicolas Sarkozy, seul candidat sortant de la Ve République à ne pas être arrivé en tête au premier tour (27%),
– d’un rapport de force historiquement favorable au bloc de gauche (42% contre 29%)…
Oui, mais voilà, 7 millions de nos concitoyens ont voté pour Marine Le Pen (18,5%), soit deux millions de voix de plus que le score réalisé par son père le 21 avril 2002. Parmi ces nouveaux électeurs, des jeunes, bien trop nombreux, qui ne croient pas que la politique peut changer leur vie et qui ne se reconnaissent plus dans les valeurs de la République. La percée du Front national et de ses idées avait été redoutée par certains, dédiabolisée par d’autres, anticipée par tous… mais elle n’a pas pu être empêchée. Le choc est douloureux et nous rappelle qu’en démocratie, rien n’est jamais acquis.
Alors ce soir, on ne se réjouira pas…

28
fév 12

Coulisses d’une « riposte party » #FH2012

Depuis le Bourget, l’imposante et talentueuse équipe numérique de François Hollande réunit blogueurs et « twittos » affiliés au site toushollande.fr dès que l’actualité le nécessite pour coordonner l’action militante en ligne. J’étais présent au QG de campagne du 59 rue de Ségur pour la seconde fois lors de la « riposte party » d’hier soir pour suivre l’émission Parole de candidat sur TF1. J’interviens dans le sujet que BFM TV a consacré à la soirée : 


15
fév 12

Sarkozy, du candidat révolutionnaire de 2007 au président réactionnaire de 2012

Il avait certes laissé sous-entendre à quelques reprises au cours de son mandat qu’il hésitait à se représenter en invoquant la lourdeur de la tâche, comme pour mieux valoriser ses efforts, pourtant restés cruellement inefficaces sur de trop nombreux sujets. Toutefois, à droite comme à gauche, personne n’a sérieusement douté de la volonté de Nicolas Sarkozy d’être de nouveau candidat. Tant mieux, car nous aurions été déçus de le voir se dérober au verdict revanchard des urnes républicaines.

C’est donc ce soir, 15 février 2012, un peu plus tôt qu’initialement prévu, que Nicolas Sarkozy a choisi de lancer son feu d’artifice médiatique. Il reprendra sa stratégie de toujours : le mouvement permanent pour éviter au citoyen-spectateur de pousser son analyse critique au-delà de l’écran de fumée propulsé par une communication effrénée. Il connaîtra probablement un certain succès en la matière, voire éclipser très rapidement Marine Le Pen et François Bayrou pour concentrer la machine de guerre UMP contre François Hollande.

En réalité, personne n’aura été dupe : Nicolas Sarkozy est candidat depuis plusieurs mois, au point que l’utilisation des deniers des contribuables pour organiser ses coûteux déplacements de propagande néo-soviétique pose de réelles questions d’équité financière entre candidats et d’usage de l’argent public à des fins partisanes. Chaque déplacement présidentiel en province représente un coût moyen de 450 000 euros, qui servent à recréer une France fictive, entièrement composée de policiers et de militants UMP. C’est un peu cher pour un Etat dont les finances publiques sont aussi dégradées que les nôtres, non ?

Il reste deux mois décisifs avant le scrutin. Le président sortant va désormais user de ses moyens et de ses talents de candidat en campagne et l’écart entre Hollande et lui devrait se resserrer naturellement, malgré l’impopularité record qui le handicape sur la ligne de départ. Une seule certitude, 2012 ne sera pas 2007. Il y a cinq ans, l’omniprésent candidat Sarkozy avait pour lui le souffle réformateur de l’adaptation du modèle français aux lois de la mondialisation, le dynamisme de la rupture. Au terme d’un mandat marqué par le choix étrange de défaire tout ce qu’il avait entrepris, le président Sarkozy affiche un conservatisme de fracture

Puisque présenter de nouveaux projets le condamnerait à dresser le bilan de ses promesses non tenues, Nicolas Sarkozy tente de déplacer la campagne sur les principes, sur ce qu’il a appelé ses « valeurs pour la France » dans Le Figaro Magazine du 12 février dernier. L’interview donne le ton de ce que sera sa campagne pour la France forte, bien loin du slogan rassembleur Ensemble tout devient possible. Stigmatisation des chômeurs, rejet du mariage gay qui participerait à une perte de repère dans la société, peur du vote des étrangers aux élections locales… On est bien loin du père d’une famille recomposée, immigré de deuxième génération, qui voulait dépoussiérer les symboles de la vieille France endormie par les années Chirac. Rappelons-nous de Carla Bruni-Sarkozy qui déclarait en 2008 que son mari n’était pas conservateur ! 

Je suis surpris qu’il axe sa campagne sur des positions aussi ouvertement réactionnaires. Il convaincra peut-être quelques électeurs sensibles aux idées de la droite traditionaliste et du Front national, mais il ne sera pas majoritaire le 6 mai en continuant à opposer les Français entre eux. Nicolas Sarkozy n’échappera pas à son bilan

Nicolas Sarkozy n'ose même plus regarder les Français droit dans les yeux !


07
fév 12

Pronostic à J-75 : Nicolas Sarkozy prépare sa guerre culturelle

Dans mon premier pronostic à J-100, je prédisais que l’affrontement entre François Hollande et Nicolas Sarkozy aurait bien lieu, malgré les nombreuses analyses annonçant un « 21-avril à l’envers » ou une percée de François Bayrou. Vingt-cinq jours plus tard, cette tendance s’est encore accentuée. De nouvelles questions émergent : quelle stratégie Sarkozy va-t-il employer pour tenter d’affaiblir Hollande et comment François Bayrou et Marine Le Pen vont-ils se positionner pour contester sa deuxième place dans les sondages ?

François Hollande a brillamment géré son entrée dans la dernière phase de sa campagne, symbolisé par le succès incontesté du meeting du Bourget et l’annonce réussie de son programme. Il a trouvé le ton juste pour présenter son caractère et décliner ses engagements devant les Français. Il rassemble, mais une question demeure : la faiblesse du report de voix à gauche. Les enquêtes d’opinion le créditent d’environ 30% au premier tour, mais Eva Joly reste très basse et la somme de Jean-Luc Mélenchon et des autres candidats d’extrême-gauche ne dépasse pas les résultats de Laguiller-Besancenot-Buffet en 2007. Grosso modo, la gauche oscille actuellement entre 40 et 45% d’intentions de vote au premier tour. L’avance actuelle de Hollande sur Sarkozy dans les hypothèses de second tour s’explique donc par l’impopularité historique du président sortant et la capacité de Hollande à convaincre au-delà de son électorat naturel.

Néanmoins, si les électeurs n’ont plus de doutes depuis longtemps quant à sa volonté de se représenter, Nicolas Sarkozy n’a pas encore engagé toutes ses forces dans une bataille qui s’annonce brutale et totale. La stratégie de « guerre culturelle », pour reprendre l’analyse éclairante de Frédéric Martel, a déjà débuté avec les propos tenus par Claude Guéant sur l’inégalité des civilisations devant les étudiants de l’UNI. Il fallait s’indigner, pour montrer qu’une nouvelle étape avait été franchie dans le discours de la droite, mais il faut veiller à ne pas entretenir ses polémiques, qui sont autant de diversions qui détournent le débat des priorités économiques et sociales et du bilan de Nicolas Sarkozy. Dans cette campagne, Sarkozy n’aura aucune limite : il lui faudra stigmatiser ses adversaires et manipuler leurs arguments, y compris jusqu’au mensonge éhonté comme lorsque l’UMP a prêté à Hollande un programme caché regroupant les propositions des autres candidats de la primaire et des autres partis de gauche. Affaibli par son bilan, Sarkozy n’a pas d’autre alternative que de s’appuyer sur ses fondamentaux : l’insécurité et l’immigration. En guise de réponse, la gauche doit impérativement rester sur ses propres fondamentaux : égalité, justice sociale, éducation, emploi.

La stratégie de Nicolas Sarkozy n’est pas sans risque. Si Boutin, Morin, Villepin et Dupont-Aignan ne décollent pas, il reste encerclé par François Bayrou et Marine Le Pen. A chaque pas en direction d’un côté, il perd des voix de l’autre côté. Pourtant, la dernière séquence a profité à Sarkozy, notamment au détriment de Bayrou, qui a donné des signes de déséquilibre vers la droite. Ce dernier a probablement constaté qu’il ne rattraperait plus Hollande à gauche et que sa seule chance de participer au second tour était d’éliminer le président sortant. Mais il ne parvient toujours pas à surmonter les lacunes de son projet de large alliance gauche-droite autour de sa personne. Même s’il était élu, il serait immédiatement contraint à une cohabitation avec une majorité législative PS ou UMP. De l’autre côté, le bruit créé par la Droite Populaire et le ministre de l’Intérieur et sa quête – apparemment difficile – des 500 parrainages rendent Marine Le Pen moins audible sur ses propositions.

Le lancement de la campagne officielle de Nicolas Sarkozy devrait nuire encore davantage aux candidats du Modem et du FN, et renforcer la confrontation directe avec François Hollande. Ainsi, mes pronostics ajustés à J-75 font monter Hollande et Sarkozy, alors que Marine Le Pen se stabilise et Bayrou recule :

Premier tour (22 avril) :

  • François Hollande : 30% (+2)
  • Nicolas Sarkozy : 25% (+1)
  • Marine Le Pen : 18%
  • François Bayrou : 13% (-2)
  • Jean-Luc Mélenchon : 7% (+1)
  • Eva Joly : 2% (-1)
  • Dominique de Villepin : 2% (-1)
  • Autres : 3%

Second tour (6 mai) :

  • François Hollande : 54%
  • Nicolas Sarkozy : 46%

01
fév 12

Les nouvelles constructions doivent être la priorité de la politique du logement

En ces temps de crise économique et sociale, le logement est avec l’emploi l’une des premières préoccupations des Français. Selon les chiffres communiqués par la Fondation Abbé Pierre, 3,6 millions de personnes sont mal-logées en France. Les facteurs sont connus : la pénurie de logements dans les zones denses entraîne une très forte augmentation des prix à l’achat et à la location. En une décennie, les prix de l’ancien et du neuf ont respectivement grimpé de 135% et près de 100%, le prix des terrains à bâtir de 60% et les loyers du parc privé de 40%, alors que l’inflation sur la période est évaluée à 19,4%. Le défi qui attend le prochain gouvernement est de taille : construire plus et mieux afin de proposer des logements à des tarifs plus abordables dans les zones denses, tout en réhabilitant l’existant, miné par les fortes consommations d’énergie d’un autre temps qui grèvent d’autant les ressources financières d’habitants doublement précarisés, afin de reconstruire du lien social dans zones urbaines et péri-urbaines. 

L’urgence n’est pas nouvelle. Le logement était déjà au coeur des promesses de 2007. Cinq ans après, le bilan est plus que mitigé. Le manque de volonté n’est pas seul en cause, les erreurs stratégiques ont également jalonné le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Trois grands axes peuvent résumer son action : 

  1. Bâtir une France de propriétaires. C’était le grand rêve sarkozyste proposé aux classes moyennes, à grand renfort de dispositifs fiscaux (déductibilité des intérêts d’emprunts, prêts à taux zéro, renforcement des dispositifs Scellier et Robien pour encourager les investisseurs, « maison à 100 000 euros » etc.). L’objectif était d’atteindre 70% de Français propriétaires de leur logement, ils ne sont que 58%, soit 0,5% de plus qu’en 2007. Les dépenses fiscales, comme la majorité des engagements de 2007 en matière de fiscalité, ont été tour à tour modulées, aménagées, puis tout bonnement supprimées. Il y aurait moins de mille « maisons à 100 000 euros » sur l’ensemble du territoire, pour un coût moyen… supérieur à 100 000 euros ! Pire encore, les nouvelles acquisitions se sont concentrées entre les mains des foyers les plus riches puisque les ménages issues des catégories modestes et des classes moyennes représentent désormais moins du tiers des acquéreurs, alors qu’ils étaient 45% en 2003
  2. Construire plus de logements sociaux et rénover les quartiers défavorisés. Il y a bien eu un accroissement des constructions de logement social sur la période (130 000 logements financés en 2010, contre 55 000 en 2002), mais ce n’est pas grâce aux moyens de l’Etat, qui s’est massivement désengagé en laissant les collectivités territoriales augmenter leurs subventions. Le succès du Programme national de rénovation urbaine (PNRU), lancé par Jean-Louis Borloo en 2003, est quant à lui plus tangible. Près d’un million de logements ont bénéficié d’opérations de rénovation ou de démolition/reconstruction dans près de 400 zones prioritaires, dont 120 en Ile-de-France, grâce aux crédits de l’ANRU (11,5 milliards d’euros sur un montant total des opérations avoisinant les 45 milliards d’euros, en grande partie financé par la cotisation des partenaires sociaux à « Action logement », nouvelle dénomination du « 1% logement »). 
  3. Développer l’hébergement et le logement des personnes en situation d’urgence sociale. Nicolas Sarkozy s’est servi du droit au logement opposable instauré en mars 2007. En théorie, le DALO impose à l’Etat de garantir un logement à toute personne résidant légalement en France mais n’ayant pas les moyens d’accéder ou de se maintenir dans un logement décent. En pratique, les demandeurs se sont heurtés à la complexité des dossiers et une faible partie d’entre eux ont effectivement été relogés (chiffres officiels à fin 2010 : 22 000 relogements sur les 57 000 avis favorables exprimés parmi 180 000 demandes). Le nombre de places d’hébergement d’urgence a été sensiblement accru jusqu’en 2009, avant de faiblir depuis. 

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy paraît bien démuni sur la question du logement avec sa maigre proposition d’augmenter de 30% le coefficient d’occupation des sols (COS), qui a pour principal effet de geler tous les projets en cours. Son quinquennat n’a pas suffisamment abordé d’autres questions, pourtant essentielles, comme la mixité sociale et la résorption de l’habitat indigne, et il n’a pas été en mesure d’enrayer la hausse des prix, continue malgré le ralentissement engendré par la crise. 

***

De nouveaux objectifs doivent donc être fixés pour 2012. Ils reprennent en partie le diagnostic présenté dans le Contrat social pour une nouvelle politique du logement que la Fondation Abbé Pierre fait signer aux différents candidats : 

  • Contrôler la hausse des prix en zones tendues, principalement causée par le comportement spéculatif des propriétaires à la relocation de leur bien, et soutenir le logement des jeunes par des mécanismes plus redistributifs que les APL. 
  • Poursuivre la rénovation énergétique des logements existants et multiplier les éco-quartiers.
  • Construire 500 000 logements nouveaux chaque année, en assurant un équilibre entre logements sociaux et très sociaux, logements intermédiaires et logements en accession à la propriété. 
  • Renforcer les dispositifs d’accueil et d’hébergement d’urgence en lien avec les collectivités territoriales et les associations locales.
  • Assurer la mixité sociale en pénalisant davantage les communes qui ne respectent pas l’objectif obligatoire de 20% de logements sociaux fixé par la loi SRU de 2000 et en créant des programmes de constructions combinant tous les types d’habitations. 
  • Lancer une deuxième phase de la rénovation urbaine et de la lutte contre l’habitat insalubre. 

***

François Hollande a eu aujourd’hui l’occasion de détailler devant la Fondation Abbé Pierre ses deux engagements en matière de logement : 

  • Engagement 22 : Dans les zones où les prix sont excessifs, je proposerai d’encadrer par la loi les montants des loyers lors de la première location ou à la relocation. Je mettrai en place pour les jeunes un dispositif de caution solidaire. J’agirai pour que soient construits au cours du quinquennat 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, soit 300 000 de plus que lors du quinquennat précédent, dont 150 000 logements très sociaux, grâce au doublement du plafond du livret A. Je renforcerai la loi SRU, en multipliant par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes refusant d’accueillir les ménages aux revenus modestes et moyens. Je porterai à 25% les exigences en matière de construction de logements sociaux et je favoriserai la mixité sociale en imposant une règle des trois tiers bâtis : un tiers de logements sociaux locatifs à loyer modéré, un tiers de logements en accession sociale, un tiers de logements libres.
  • Engagement 23 : Je mettrai gratuitement à disposition des collectivités locales les terrains de l’État qui sont disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements sociaux dans un délai de cinq ans.

L’encadrement des loyers serait limité à des situations précises d’augmentation des loyers manifestement supérieure à l’inflation lors de la mise en location et relocation de biens en zone tendue. Le doublement du plafond du Livret A (de 15 000 à 30 000 euros) permettrait de dégager 20 à 30 milliards d’euros supplémentaires pour financer les nouveaux logements sociaux. En cas de persistance de certaines municipalités dans le refus de construire des logements sociaux, François Hollande a indiqué que le préfet pourrait être mandaté pour mettre en oeuvre le nouvel objectif légal de construire 25% de logements sociaux. De même, le candidat socialiste a indiqué qu’un système de caution mutuelle pourrait être mis en place en faveur des jeunes, avec un financement provenant d’une taxe incitant les propriétaires des deux millions de logements vacants en France à mettre leurs biens sur le marché. 

Très ambitieux, les engagements de François Hollande en matière de logement répondent de manière pertinente et équilibrée aux grands enjeux de la période. 

26
jan 12

Les 60 engagements de François Hollande pour la France

Projet Presidentiel Francois Hollande


22
jan 12

Le Bourget ouvre la dernière phase de la campagne de François Hollande

Il est difficile de définir avec certitude le début de la campagne de François Hollande.

Dès le 6 mai 2007, lorsqu’il se promit de ne pas passer son tour une seconde fois ? En 2008, lorsqu’au moment de céder les rênes du PS, il prévint les militants qu’il faudrait encore compter sur lui ? Le 31 mars 2011, lorsqu’il se porta officiellement candidat dans la foulée de sa victoire des cantonales en Corrèze, ou peut-être le 15 mai, lorsque Dominique Strauss-Kahn fut écarté de la course, ou bien encore le 16 octobre, lorsque les socialistes et les radicaux de gauche se rassemblèrent derrière lui au terme de primaires citoyennes aussi inédites que réussies ? 

En réalité, François Hollande a toujours été candidat. Nous nous en apercevons simplement lors d’événements différents, qui sont propres à chacun de nous et qui correspondent à une rencontre entre l’homme, son discours et notre sensibilité politique personnelle.

François Hollande est devenu mon candidat à La Rochelle, à la fin de l’été dernier. C’est lors de son mémorable discours dans la salle surchauffée de l’Oratoire que j’ai vu en lui le catalyseur de mes convictions réformistes et, plus largement, des espoirs de changement qui traversent la société française et sa jeunesse.

Pourtant, et cela malgré une bonne tenue dans les sondages, François Hollande inquiétait encore les nombreux sceptiques de mon entourage. Trop hésitant pour les uns, pas assez social pour les autres. Aujourd’hui, au Bourget, il a su les convaincre. C’était leur moment, Hollande est devenu leur candidat. Ils sont entrés dans sa campagne comme si elle venait de débuter.

Non, la campagne de François Hollande n’a pas débuté aujourd’hui. Elle continue, elle s’accélère. Alors que l’ensemble des propositions sera rendu public mercredi, nous avons désormais les premiers éléments programmatiques que nous attendions, autour d’un axe fort : l’égalité.

Non, la campagne de François Hollande n’a pas débuté aujourd’hui. Nous sommes seulement entrés dans une nouvelle phase, la dernière, la décisive. Ne nous voilons pas la face, il reste des millions d’électeurs à convaincre que François Hollande est le bon candidat pour les rassembler et leur ressembler.

Mais pour les rencontrer et faire cet indispensable travail de conviction, nous sommes plus nombreux ce soir qu’hier. C’est la preuve que ce discours du Bourget, aussi personnel que politique, a été une franche réussite pour François Hollande. Le changement est en marche. Le changement, c’est maintenant !


16
jan 12

Lancement des Etats Généraux de la Jeunesse !

Nous, militants politiques, syndicalistes ou associatifs, étudiants ou jeunes actifs, refusons le discours fataliste qui prétend que la jeunesse française se désintéresse du débat public et, dès lors, ne mérite pas d’être écoutée. Autour de François Hollande, qui a placé la jeunesse au sommet de ses priorités, nous lançons aujourd’hui une vaste concertation avec les acteurs de la société civile sur les cinq thématiques de réformes que nous jugeons primordiales pour la jeunesse française :

  1. La démocratie de la réussite grâce à l’éducation.
  2. L’emploi, priorité pour construire l’avenir.
  3. Logement, mobilité, santé, temps libre : les autres clés de l’émancipation.
  4. Fin des discriminations et création de nouveaux droits.
  5. Citoyenneté, politique, international : compter dans la France et le monde de demain. 

Quels que soient le sujet et la longueur de la contribution, tout le monde peut participer sur le site www.priorite-jeunesse.fr !

Vos contributions citoyennes rejoindront celles des associations locales et nationales qui ont déjà répondu à notre appel. En février et mars, des réunions publiques auront lieu à travers la France : rejoignez-nous sur facebook et twitter (@prio_jeunesse) pour rester informé(e)s des événements organisés près de chez vous. Fin mars, un « livre blanc » compilera les orientations remontées du terrain et des internautes sous la forme d’un cahier de doléances, qui sera symboliquement remis à François Hollande. 

Pour faire entendre vos idées et préparer ensemble le changement, c’est maintenant ! 


15
jan 12

« C’est une politique qui a été dégradée, ce n’est pas la France »

Alors que François Fillon et les ministres de son Gouvernement fuient leurs responsabilités en osant rejeter la faute de la dégradation de la notation AAA de la France sur les politiques passées ou à venir des socialistes, François Hollande a rappelé la part essentielle du bilan de Nicolas Sarkozy dans la situation économique actuelle de notre pays :


« C’est une politique qui a été dégradée, ce… par francoishollande


14
jan 12

Pronostic à J-100 : le duel attendu entre Hollande et Sarkozy aura bien lieu

Vendredi 13 janvier, J-100 avant l’élection présidentielle. Hasard du calendrier ou volonté de mettre la pression sur les candidats, l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé la note AAA de la France. L’épée de Damoclès pendait depuis plusieurs semaines au-dessus de la nuque de Nicolas Sarkozy, qui dans une déclaration qu’il regrette sûrement liait son sort au maintien du Triple A

La situation économique du pays, qui souffre de la comparaison avec l’Allemagne, aura très certainement une influence sur l’issue finale du rendez-vous démocratique majeur de 2012. Les candidats seront avant tout jugés sur la crédibilité de leurs programmes économiques et sociaux. Sur cette base, mon premier pronostic (que je compte actualiser au cours de la campagne) décevra ceux qui s’attendent à des surprises : François Hollande et Nicolas Sarkozy seront en tête au premier tour.

Brillant vainqueur des primaires citoyennes le 16 octobre, François Hollande a vécu un temps mort difficile. Sa stratégie repose sur deux idées essentielles : n’entrer dans la confrontation qu’avec Nicolas Sarkozy lui-même et retarder au maximum le lancement réel de son programme pour ne pas perdre de souffle sur la distance. Entre-temps, il laboure le terrain avec des faux airs de Jacques Chirac. Malgré tous les couacs rencontrés depuis novembre, de la faute d’accord avec les Verts aux paroles imprécises et divergentes, la stratégie se révèle payante. Hollande reste très au-dessus de ses rivaux dans toutes les enquêtes d’opinion. L’érosion de son électorat vers François Bayrou, Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon est largement contenue. Il apparaît comme le plus compétent et le plus proche des gens, deux qualités qui feront la différence auprès des catégories sociales qu’il doit encore convaincre pour gagner : les classes populaires et les seniors. Seules les tergiversations de son équipe sur certains arbitrages peuvent l’affaiblir, mais il reprendra le dessus dès que ses interventions médiatiques seront plus fréquentes.

Face à lui, Nicolas Sarkozy se présente comme une bête blessée, déjà promise à une défaite historique. Jamais président de la République n’avait abordé son retour devant le suffrage universel dans une si mauvaise posture. Au regard de son bilan, finalement très maigre, on se demande ce qu’a fait l’hyperprésident depuis 2007. Il est intégralement revenu sur les mesures économiques et fiscales de la loi TEPA alors que la dette a atteint de nouveaux sommets. Sa réforme des retraites est une rustine injuste et insuffisante à moyen terme. Le Grenelle de l’environnement et la loi sur l’autonomie des universités n’ont pas rempli leurs objectifs. L’état de l’Europe qu’il a tenté de diriger avec Angela Merkel est si préoccupant que tous les doutes sur sa survie sont permis, alors que la voix de la France a été marginalisée sur la scène internationale. Pourtant, il sera un adversaire redoutable. Il bénéficiera une nouvelle fois de la puissance de frappe médiatique de l’UMP et des moyens du Gouvernement. Il laisse ses ministres s’enfoncer dans les bas-fonds du débat public en espérant qu’ils parviendront à attirer Hollande dans leur chute nauséabonde. La seule chose qui peut le faire s’écrouler serait que la presse répande l’idée qu’il n’est plus la meilleure chance de la droite (très élargie) pour empêcher la victoire de la gauche.

Derrière les deux favoris, on distingue trois catégories de candidats, en fonction de leurs suffrages potentiels.

C’est le seul « risque » que je prends dans mes pronostics : alors que beaucoup le prédisent, je ne vois pas Marine Le Pen parvenir à se hisser au second tour. On peut lui reconnaître une modernisation partielle du Front national, mais Marine Le Pen reste la fille de son père. Elle est même encore plus dangereuse que lui parce que sa stratégie de « normalisation » a convaincu les médias. Son potentiel a été chiffré à un score inquiétant de 30% de l’électorat. Toutefois, il faut distinguer au sein de ses partisans les anciens et les nouveaux sympathisants du FN, ceux dont elle a hérité et ceux qu’elle a conquis. Les anciens ont déjà voté FN et le referont probablement. Les nouveaux, qui se recrutent principalement chez les jeunes déclassés ou défavorisés, peuvent encore changer d’avis. Ceux-là veulent montrer leur mécontentement et sont sensibles au protectionnisme social qu’incarne désormais Marine Le Pen. Le seul moyen de les détourner de ce vote contestataire est de les convaincre que les solutions économiques prônées par le FN aggraveront encore la crise en France. Il est très probable que l’UMP, qui est la plus menacée par la percée de l’extrême droite, se focalisera sur cet angle d’attaque. Malheureusement, Marine Le Pen réalisera un score très élevé, proche de la barre des 20%, mais je ne la vois pas passer au-dessus.

En 2007, François Bayrou avait révélé que sa stratégie de victoire comprenait trois élections présidentielles : une première pour exister (6,84% en 2002), une deuxième pour dépasser les 10% et montrer sa crédibilité pour la fonction (18,57% en 2007), et une dernière pour s’imposer. Je n’ai jamais douté qu’il serait un acteur essentiel de cette campagne, alors que de nombreux analystes l’ont déclaré politiquement mort depuis 2007 en raison de l’absence de groupe parlementaire et enterré après son attaque ridicule contre Daniel Cohn-Bendit au moment des élections européennes de 2009. Son début de campagne est incontestablement une réussite : Bayrou est de retour. Il accumule les ralliements sur son nom davantage que sur son programme, encore au stade de l’élaboration. La question centrale reste identique à 2007 : il affronte seul des institutions bipartisanes. Il annonce qu’il gouvernera avec une majorité nouvelle, allant du centre gauche au centre droit, mais cela modèle ne peut s’appliquer que pour une élection à un tour, à l’image de ce que Nick Clegg espérait réaliser contre Gordon Brown et David Cameron au Royaume-Uni en 2010. Bayrou oublie qu’il devra affronter un des deux camps lors du second tour, puis lors des législatives qui seront structurellement favorables au PS et à l’UMP. S’il peut exister certains rapprochements thématiques avec la droite et/ou la gauche, le Modem peinerait à réunir les deux autour d’un programme gouvernemental cohérent. On sent qu’il penche pour Hollande, mais ses réserves de voix sont probablement supérieures à droite, chez les déçus du sarkozysme pour lesquels il pourrait apparaître comme la seule alternative.

A gauche, le score de Jean-Luc Mélenchon est trompeur. Certes, en dépassant les 5%, il fera mieux que les derniers candidats communistes. Pourtant, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud seront très loin des scores d’Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, ramenant le score cumulé de l’extrême gauche en dessous de ses niveaux passés. Mélenchon le tribun pourrait néanmoins faire le double du score d’Eva Joly, dont la campagne paraît décalée et peu attractive au-delà des cercles déjà acquis à l’écologie politique. Les élections présidentielles ne réussissent généralement pas aux Verts et Eva Joly souffre d’être une candidate de transition, qui ne fait pas d’ombre à l’avenir de l’ambitieux couple politique formé par Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé. La candidature de Jean-Pierre Chevènement, qui vise principalement à assurer quelques sièges parlementaires au MRC, n’ira probablement pas au bout et se ralliera à François Hollande avant le premier tour.

A droite, Dominique de Villepin a finalement surpris tout le monde en se déclarant candidat. A ce jour, il est impossible de savoir s’il aura les signatures requises et s’il espère vraiment se maintenir en dissidence de l’UMP. Il ne faut pas oublier que s’il peut grignoter quelques points importants à Nicolas Sarkozy en allant jusqu’au premier tour, il peut aussi les lui rendre mécaniquement et propulser le président sortant au second tour. Alain Juppé n’osera pas défier Nicolas Sarkozy même s’il en meurt d’envie. Le positionnement d’Hervé Morin, piégé entre Sarkozy qui aura besoin du « vote utile » de la droite et Bayrou qui est le vrai centriste, ne lui laisse aucun espoir de décoller. Christine Boutin reportera ses quelques fidèles vers Sarkozy contre un nouveau maroquin ministériel ou vers Bayrou si l’Elysée refuse de céder au chantage. Nicolas Dupont-Aignan, qui semble sûr d’avoir ses cinq cents parrainages, peut séduire de nouveaux souverainistes, mais il reste esseulé.

En 100 jours, tous les scénarii peuvent encore se réaliser. Cependant, au petit jeu des pronostics, je rejoins à peu de choses près les sondages, dont le perfectionnement permet d’anticiper plus finement les résultats que par le passé. Nicolas Sarkozy voudra une campagne courte, resserrée sur les toutes dernières semaines. Cette intensification de la campagne entraînera un resserrement du débat autour de François Hollande et du président sortant, qui s’affronteront alors « projet contre bilan ». Marine Le Pen et François Bayrou sont actuellement sur une trajectoire montante, mais ils ne convaincront pas sur la durée à cause de la contradiction qu’ils ont placé au coeur de leurs campagnes respectives : les conséquences économiques d’une sortie de l’euro pour Marine Le Pen et le flou sur les choix futurs en cas d’échec pour François Bayrou. Enfin, le temps du morcellement des voix au profit des petits candidats, qui avait conduit au 21 avril 2002, est révolu. Ainsi, je prédis les résultats suivants pour les deux tours de l’élection présidentielle 2012 :

Premier tour (22 avril) :

  • François Hollande : 28%
  • Nicolas Sarkozy : 24%
  • Marine Le Pen : 18%
  • François Bayrou : 15%
  • Jean-Luc Mélenchon : 6%
  • Eva Joly : 3%
  • Dominique de Villepin : 3%
  • Autres : 3%

Second tour (6 mai) :

  • François Hollande : 54%
  • Nicolas Sarkozy : 46%